Imago

Imago

19€

Roman (broché). Paru en 08/2017

Imago

Cyril Dion

Le long voyage de Nadr, un Palestinien de 30 ans qui tente de rattraper son frère ayant rejoint les forces du djihad, ce garçon révolté qu’il veut empêcher de mourir. Entre Rafah et Paris, Nadr n’oubliera pas ses convictions pacifistes, mais comprendra le désespoir de tous ceux qui n’ont rien.

» Télécharger 13,99€

Commandez le livre Imago

L’invention des corps

L’invention des corps

20€

Roman (broché). Paru en 08/2017

L’invention des corps

Pierre Ducrozet

Miraculé du massacre des 43 disparus d’Iguala dans la nuit du 26 septembre 2014, le jeune Álvaro qui n’a plus rien à perdre fuit le Mexique dans une course-poursuite avec le destin pour finir dans les griffes d’un «wonderboy »de la Silicon Valley versé dans le transhumanisme. Exploration tentaculaire des réseaux qui irriguent et reformulent le contemporain, «L’Invention des corps »prend le réel en filature pour mieux nous forcer à le regarder en face. Souffle, amplitude, vitesse – Pierre Ducrozet métabolise les enjeux de la modernité avec un sens crucial du suspense et de la mise en espace, en rejeton de Ballard et DeLillo.

» Télécharger 14,99€

Commandez le livre L’invention des corps

Show me

Show me

18€

Roman (broché). Paru en 08/2017

Show me

Pascale Stephens

Mina est le vilain petit canard de la famille Westcomb. Benjamine d’une fratrie de trois filles, elle n’a rien en commun avec ses deux aînées : elle est brune quand elles sont blondes, ronde alors qu’elles fileraient des complexes à Miss Monde en personne. Étudiante en marketing le jour, serveuse dans un pub irlandais la nuit, elle se sent à mille lieues des princesses de contes de fées. Jusqu’au jour où elle rencontre Connor, séduisant trentenaire, mystérieux et hors d’atteinte. Pourquoi Mina a-t-elle l’impression que Connor la connaît mieux que personne ? Pourquoi semble-t-il avoir le pouvoir de déceler en elle ce que personne ne voit jamais. et de chambouler son univers ?(Ce roman a fait l’objet d’une première parution en auto-publication sous le titre N’est pas Cendrillon qui veut.)

Commandez le livre Show me

Le procès des étoiles

Le procès des étoiles

10€

Récit (broché). Paru en 08/2017

Le procès des étoiles

Florence Trystram

En 1735, trois spécialistes de l’Académie royale des sciences de Paris, Godin, Bouguer et La Condamine, sont envoyés au Pérou pour y mesurer un arc méridien terrestre. L’expédition doit durer quelques mois, mais c’est compter sans les rivalités politiques, les ambitions personnelles et la faiblesse des hommes. La bonne entente cède bientôt le pas à la jalousie et à la haine. Puis l’Académie des sciences coupe les crédits. Forcés de vivre d’expédients, les savants français vont se lancer dans d’incroyables aventures. Seuls deux membres rentreront en France, les autres mourront ou sombreront dans la folie.

Commandez le livre Le procès des étoiles

Décoller

Décoller

15,90€

Roman (broché). Paru en 08/2017

Décoller

Battista Tarantini

Alexi a dû dire adieu à Hawaï, ses révélations et la déferlante de passion qui ont consolidé sa relation avec Andreas. Le navire fait maintenant route vers la Corée, et elle doit se concentrer sur son ambitieux objectif : devenir pilote d’avion de chasse embarquée. Mais lorsque Gabriel, son ex-fiancé, intègre l’équipage, ses belles résolutions fondent comme neige au soleil. À bord, l’ambiance devient électrique, et la tension, insoutenable. Et alors qu’Andreas et Alexi avaient trouvé un semblant d’équilibre, les démons du passé ressurgissent et se dressent entre eux. Le jeune couple entre dans une zone de turbulences sans précédent, avec la crainte de ne pas être prêts à essuyer cette nouvelle tempête,  avec la certitude qu’ils ne la traverseront pas sans dommages.

Commandez le livre Décoller

Souvenirs de la marée basse

Souvenirs de la marée basse

Dans Comment supporter sa liberté (1998) — un ouvrage relevant tant de l’essai philosophique que de la prose intimiste et qui, avec La Vie réelle des petites filles (1995), Souffrir (2003) ou L’Esprit de conversation (2011), par­ticipe de son « autobiographie indirecte » —, Chantal Thomas note ce fait : s’il lui est impossible, comme à quiconque, de se rappeler le moment lointain où elle a su marcher, « du jour où j’ai su nager, pourtant presque aussi éloigné que le premier, il me semble que je garde non un souvenir racontable, mais une trace vive, dont le réveil fait de chaque bain un émerveillement : je flotte et les profondeurs bleutées que je mesure du regard non seulement ne signifient pas ma perdition, mais plus elles s’accroissent, mieux elles me portent… ». Vingt ans plus tard, le présent Souvenirs de la marée basse s’ouvre sur une autre baignade — fondatrice, elle aussi, à sa façon. Le tableau est intrigant, délicieux, inoubliable. On y voit une toute jeune fille à la mince silhouette garçonne crawler élégamment dans les eaux troubles du Grand Canal des jardins de Versailles. C’est un matin de juillet, la nageuse est arrivée à bicy-clette, et elle ne repartira que lors-qu’un vieux jardinier se sera aperçu de sa présence incongrue dans le royal bassin. Eugénie, la grand-mère de Chantal Thomas, ne se lassait pas de raconter ce bain fantasque auquel s’adonna un jour sa fille Jackie, alors adolescente. Jackie que la passion — ou doit-on dire plutôt la vocation ? — de la nage ne quitta jamais ; et qui, s’immergeant tout au long d’un été dans les eaux bleues d’un lac de montagne, alors qu’elle était enceinte de sa fille Chantal, lui transmit peut-être in utero cette inclination aquatique — l’ineffaçable « charme des musiques et des douceurs mêlées des eaux de ma mère et du lac », proclame Chantal Thomas.

La figure de Jackie, qui ne semblait vivre que pour répéter chaque jour sans fin le geste délié du nageur, aligner les longueurs, sentir le « délice de l’eau contre sa peau », répondre à l’appel du large, vivre le bain comme une cérémonie quasi religieuse, est au coeur du roman familial de Chantal Thomas — ses grands-parents et son père y sont d’admirables seconds rôles. Jeune femme étouffant dans un rôle d’épouse et de mère qui la leste et l’entrave, l’insaisissable Jackie est une énigme pour l’enfant qui grandit à ses côtés — un mystère, une douleur feutrée, un chagrin tangible mais sans pesanteur. Les silences de Jackie tiennent sa fille à distance ; la plage et le goût des bains de mer les réunissent. « Ma mère est une enfant à part », écrit Chantal Thomas, tandis qu’elle sème au fil de ses pages les discrets et poignants indices de la mélancolie maternelle, tout en déroulant au présent, au fil de courts chapitres qui sont comme des instantanés de sensations pures, l’étincelant et limpide roman de formation d’une fillette qui grandit au bord de l’Atlantique et y fait ses apprentissages.

Une enfant des années 1950, dont le sable d’Arcachon et l’océan sont tout à la fois des terrains de jeu et l’école d’un vrai savoir, non académique, sensuel, intuitif, souverain. Celui qui découle de longues journées passées à jouir en liberté de l’espace immense de la plage, à écrire sur le sable d’inaugurales fables. Celui qui s’acquiert au gré des immersions dans la mer et des mouvements répétés de la brasse ou du crawl, le « savoir de l’eau qui, de bain en bain, ou seulement à la contempler — ou même sans la voir lorsque au détour d’une allée une bouffée d’air salin nous caresse les joues — grandit en nous ». Comme une initiation à « cette autre manière d’exister, dans l’abandon, la déprise », un acquiescement à la sensation de perdre pied, une « jubilation en mode nageur ». Un apprentissage de la volupté, de la durée infinie et de la valeur de l’instant — des notions qui ne sont pas sans évoquer quelque chose de l’esprit du xviiie siècle, profondément réfractaire et jouisseur, à l’étude duquel Chantal Thomas allait plus tard se consacrer, via notamment la figure du feu follet Casanova, libertin en « quête d’une harmonie entre art de jouir et art de vivre ».

Aux plages atlantiques succéderont, pour Chantal Thomas comme pour Jackie, celles de Menton et de Nice. Et lorsque le rapprochement entre la mère et la fille finira par se faire, ce sera sur ces « autres rivages » — titre de la seconde partie de ces Souvenirs de la marée basse, que l’auteure emprunte à Nabokov et à ses merveilleuses réminiscences d’une enfance certes vécue en grande partie en exil, mais qui n’en reste pas moins, notait-il, un « véritable Eden de sensations visuelles et tactiles ». C’est bien de cet éden que nous écrit aujourd’hui Chantal Thomas, dont, par-delà les décennies, les sensations sont demeurées intactes, et elle sait les dire avec une grâce véritable. « Où c’est le plus beau, c’est là où j’habite », revendique-t-elle — dans ce paradis, il est aussi une place pour qui la lit. — Nathalie Crom

 

Souvenirs de la marée basse

Ed. du Seuil, coll. Fiction & Cie, 218 p., 18 €.

Extrait

« Ma mère n’entre pas dans l’eau comme les coquettes qui ont peur de mouiller leur indéfrisable, ni comme les mijaurées qui poussent de petits cris et jouent les intéressantes (« Allez, courage Madame ! Dès qu’on nage, elle est bonne »). Elle s’avance jusqu’à la hauteur de la taille, marque un léger arrêt, se lance. A la fin, mêmes rectitude et économie de geste. Elle se renverse pour quelques mètres de dos crawlé et regagne la plage. En fait, il est rare que je voie ma mère sortir de l’eau. Je la découvre, une fois qu’elle a parcouru la distance qu’elle s’était fixée, revenant à pied le long de la mer. Elle a un air de satisfaction, de repos (alors qu’elle vient de produire un réel effort physique). Elle marche vers moi, vers ma serviette de bain étalée, mon sac où le vent fait entrer du sable […]. Son visage, son corps ont quelque chose de rayonnant. Elle regarde en direction de la mer. Ma mère ne se repose pas, ne se pose sur rien — sauf sur la mer. »

Commandez le livre Souvenirs de la marée basse

Les Rameaux noirs

Les Rameaux noirs

En exergue de cet éblouissant texte autobiographique, Simon Liberati a posé cinq vers du poème « Avril » de Gérard de Nerval, dont il a extrait le titre de son livre, Les Rameaux noirs. Il aurait pu, au lieu de Nerval, choisir Virgile et ce poignant fragment de l’Enéide qu’il cite, dans lequel le poète latin fait ­entendre à mots feutrés le chagrin qu’éprouve Enée à la mort d’Anchise : « C’est là, père excellent, que tu me laisses à mes lassitudes… » D’André Liberati, le père de Simon, on fait la connaissance aux premières pages du livre, alors qu’au coeur d’un été ­récent, en état de grande confusion mentale, le vieil homme a dû être hospitalisé. André Liberati fut un poète surréaliste, compagnon d’André Breton, de Louis Aragon, qui révérait le geste poétique et la pureté de l’inspiration comme le croyant honore la grâce et le sacrifice — il se convertit d’ailleurs, sous l’influence d’un abbé spécialiste du jansénisme, lorsqu’il s’éloigna de l’écriture. Il fut surtout, et il demeure, dans la vie de son fils non pas ce qu’on appelle platement un modèle, mais une présence et une référence plus essentielles — un repère, un idéal, un point fixe.

« Je sens se glisser vers moi l’idée que je repousse, que j’ose à peine prononcer, de la mort de mon père », écrit Simon Liberati, au moment où il s’apprête à s’immerger dans la matière dont est faite sa vie : des lectures (des milliers de lectures !), des rêveries, des démons, des fétiches, des rituels, des amitiés, des deuils, des dérives… Tout cela enraciné dans un indéfectible socle : une enfance heureuse dont le souvenir n’engendre pas de nostalgie. « Le sentiment qui me vient lorsque je ­regarde mon enfance n’est pas du regret. Quelque chose de meilleur que du regret. Une perspective qui comprend à la fois le regret et l’objet du regret ; ce n’est pas un manque, une absence, mais un paysage qui s’est éloigné et que je vois toujours », écrit Simon ­Liberati, dans cette autobiographie hautement méditative et d’une admirable profondeur. Tout sauf une introspection ou une mise à plat, plutôt une mise en ordre scrupuleuse — mais qui préserve des zones d’ombre, protège les secrets qui doivent le rester —, faussement digressive, en fait tout entière traversée par une réflexion sur l’écriture, l’essence de la poésie et celle de la prose, et surtout l’inspiration, cet « entrelacs d’idées mal éclairées » sur lequel vient à l’écrivain le désir de diriger le faisceau de sa lampe. — Nathalie Crom

 

Ed. Stock, 288 p., 19,50 € (en librairies le 23 août).

 

Du même auteur et le même jour paraît aussi Les Violettes de l’avenue Foch, génial recueil de « proses datées » (articles, entretiens et préfaces), éd. Stock, 304 p., 20 €.

Commandez le livre Les Rameaux noirs

Innocence

Innocence

Elle a su très tôt que l’héroïne pouvait désigner autre chose qu’une blondinette en couverture de la Bibliothèque verte. Elle a fréquenté les boîtes de nuit d’Ibiza bien avant le collège. Elle a fait dix ans de premiers pas en talons aiguilles et tenues vaporeuses, les doigts en éventail devant son visage renversé. Sur son enfance d’objet sexuel, posant chaque soir devant l’objectif de sa mère photographe, dans des mises en scène érotico-macabres, l’actrice et réalisatrice Eva Ionesco n’a jamais entretenu aucun mystère. Pour échapper à ce traumatisme fondateur, elle a compris qu’il fallait le prendre à son propre piège. Inverser les rôles, dévoyer les déviances, hypnotiser les mateurs pour remettre choses et gens à leur place. Puisque sa mère a décidé de l’exposer très jeune aux yeux du monde, Eva Ionesco détourne cette oeuvre et la transforme. Elle montre, à son tour, sous tous les angles et avec une ténacité obsessionnelle, les mille facettes de l’existence qui fut la sienne, avant que la Ddass ne s’en mêle, l’année de ses 11 ans. Elle épuise toutes les formes de regards, comme pour se laver de ceux qui se sont portés sur elle.

Pour vaincre les voyeurs ordinaires qui se sont rincé l’oeil, il lui a bien fallu laver le sien à grande eau. D’abord en le collant derrière une caméra. Eva Iones­co a donc raconté son histoire dans le film My little princess (2010), où Isabelle Huppert campait sa mère abusive, aussi dévastatrice que dévastée. Cinq ans plus tard, elle s’est soumise au regard amoureux de son mari, ­Simon Liberati, qui écrivit, avec Eva (éd. Stock), un magnifique portrait de la femme tourmentée qu’elle ne pouvait que devenir. Voilà qu’aujourd’hui Eva Ionesco prend la plume elle-même, s’en remet aux mots pour chasser les images, et revisite une nouvelle fois l’aberrante éclosion en chambre noire que fut son enfance, sous l’oeil de cobra d’une mère qui lui vola son innocence pour la faire sienne.

Innocence : le beau titre du livre évoque ce transfert pervers de la photographe qui entacha la pureté de sa fille, et se drapa sa vie entière derrière un alibi artistique pour évacuer toute culpabilité. Innocence : le bilinguisme ­­— qu’Eva Ionesco doit à une parenthèse enchantée de sa petite enfance, à San Francisco — fait aussi forcément tinter ce titre à l’anglaise : « in no sense », littéralement « dans le non-sens ». Récit d’une avancée insensée vers l’âge adulte, ce livre funambulesque marche au-dessus d’une béance incompréhensible : l’absence de père. Toute la force de l’écriture d’Eva Ionesco, incisive et lumineuse, fend le brouillard que sa mère a toujours maintenu autour de l’identité de son géniteur. Question de regards croisés, encore et toujours : les rares photos de la petite Eva avec son père ont été prises par sa mère avant ses 3 ans, mais les images imprimées sur la ­réti­ne de l’enfant lui appartiennent.

Celle qui aime tant les vêtements, les étoffes, les chiffons, livre le tout dans un patchwork cousu serré, une tapisserie de réparation faite de lambeaux de souvenirs. « Très vite, j’ai ­voulu apprendre à apprivoiser ma solitude dans toutes sortes de lieux », confie-t-elle. Puisque ses parents défaillants ne parviennent pas à lui donner l’amour qu’elle attend, la fillette a développé une hyper-acuité à son environnement. Troènes, menhirs, sable, bitume, briques, sans oublier les cinq pierres paternelles glissées dans sa main lors d’une rencontre éclair… ­Innocence n’est jamais aussi beau que lorsqu’il se laisse gagner par une force immobile, venue de très loin. Celle qui a permis à Eva Ionesco de rester debout. — Marine Landrot

 

Ed. Grasset, 430 p., 22 € (en librairies le 23 août).

Commandez le livre Innocence

Point cardinal

Point cardinal

Pas de fard ni de froufrous, pas d’apprêts ni d’artifices, dans la langue de Léonor de Récondo. Le sujet de son ­roman s’y prêtait, pourtant. Un père de famille devient femme. A l’insu de ses proches, pour commencer, puis aux yeux de tous, pour l’éternité. Quoi de mieux qu’une écriture limpide pour parler de transparence ? Quoi de mieux que des mots simples pour dire la sensation de l’évidence ? Car Laurent vit son changement de sexe comme une mue naturelle, une évolution inéluctable, et la clandestinité lui sied mal. Non qu’il prise la provocation, ni ne cherche l’épate dérangeante. Il aspire seulement à ce que sa femme, ses enfants, ses collègues, sa boulangère… fassent comme si de rien n’était. Pour qu’il puisse être celle qu’il a l’impression d’avoir toujours été.

Le livre marche sur le fil tenu de cette discrète ténacité, et de cet irrépressible besoin de tolérance. Etape par étape, nous sont dévoilées les avancées de sa transformation, qui devient contagieuse : à son contact, chacun change aussi, et révèle ce qu’il a de plus enfoui. La colère pour certains, la compassion pour d’autres. Et tant d’infimes mouvements d’âme que Léonor de ­Récondo excelle à saisir dans leur fra­gilité. Chez elle, tout part toujours du corps, substance délicate qu’elle travaille dans une plénitude respectueuse. Comme elle l’avait fait avec la pierre sculptée par Michel-Ange, dans Pietra viva (2013), puis avec le linge froissé par une femme de chambre enceinte de son patron, dans Amours (2015), elle écoute le chant des matières, toutes douées de langage, révélatrices des ­désirs humains les plus profonds. La ­romancière a l’art de traquer le calme intérieur des êtres, même dans les plus grandes tempêtes. Elle s’intéresse à l’endurance, cette force qui mêle la confiance et la rage. Après avoir placé deux romans sous les feux du passé — le soleil aveuglant de la Renaissance et la lumière blanche de 1900 —, elle s’en ­remet ici à la clarté contemporaine, qu’elle veut exploiter dans ce qu’elle a de meilleur. Celle-là même que le cinéaste Xavier Dolan tentait de saisir dans son film Lawrence Anyways, où Melvil Poupaud incarnait un prof de ­lycée travesti. Une lumière directe, à la fois crue et caressante, où chacun a le droit de se réchauffer, quelle que soit son identité. — Marine Landrot

 

Ed. Sabine Wespieser, 232 p., 20 € (en librairies le 24 août).

Commandez le livre Point cardinal

Frappe-toi le coeur

Frappe-toi le coeur

C’est à Musset qu’elle emprunte son titre (« Ah ! Frappe-toi le coeur, c’est là qu’est le génie » est un de ses vers), mais, pour le reste, Amélie Nothomb fait confiance à ses armes propres pour mener à bien ce roman – son vingt-cinquième en… vingt-cinq ans -, à ranger parmi ses meilleurs crus. Ses armes ? La concision, la précision, une acuité telle qu’on pourrait la prendre pour de la cruauté. Ce sont des femmes entre elles que Nothomb met en scène ici : Diane et sa mère, la jalouse Marie ; Diane et son amie, la douce Elisabeth ; Diane et son mentor, l’égoïste Olivia ; Diane et sa soeur, la trop aimée Célia… Mais ce qu’elle met au jour n’a que faire des genres : c’est la part de violence qui irrigue en secret les relations humaines, les rivalités, les manipulations et les enjeux de pouvoir qui les sous-tendent. On en sort avisé et glacé. — Na.C.

 

2T Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb, éd. Albin Michel, 168 p., 16,90 € (en librairies le 24 août).

Commandez le livre Frappe-toi le coeur