Neverland

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Neverland

Il semble sorti d’un conte, ce récit de voyage hautement sensible vers les territoires abandonnés de l’enfance. Il en a le ton, les accessoires, les décors. « Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. » L’auteur, Timothée de Fombelle, un phare de la littérature jeunesse, se met en scène, dans ce premier livre pour adultes, de manière allégorique, en route sur les chemins de Neverland, hommage explicite au père de Peter Pan, J.M. Barrie. Des fragments de mémoire surgissent, des souvenirs de cabanes dans les arbres, « l’odeur de sous-bois du salon », images vibrantes du paradis perdu d’une enfance com­me un été sans fin, dans la maison des grands-parents. Mystérieuse aventure dont l’objet ne consiste pas seulement à retrouver tel ou tel trésor caché dans les plis du temps, mais plutôt, pour l’adulte-narrateur, profitant d’un de ces passages secrets qui enchantent les contes, de se retrouver physiquement face à l’enfant qu’il fut, sous sa fenêtre ou d’une rive à l’autre d’un torrent. On perçoit dans ce récit les échos du Livre de Perle, un des derniers romans jeunesse de l’auteur, cette manière poéti­que de remonter aux sources de son imaginaire, très loin, quand tout se lie et se tisse. L’homme qu’il est devenu, en partie « inventé » par les histoires qu’il se racontait jadis, se livre ainsi ­intimement, avec une pudeur extrême. Et l’on reste bouleversé par cette scène au coeur du livre quand son grand-père l’avait appelé, un jour d’été, pour lui demander d’écrire à sa place quelques lignes pour les 80 ans de son plus vieil ami : le grand-père immortel, soudain si fragile, et le petit-fils, confusément conscient que l’enfance vient brusquement de le quitter. — Michel Abescat

 

Ed. L’Iconoclaste, 120 p., 16 € (en librairies le 30 août).

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