Le Menteur

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Le Menteur

Chemise blanche impeccable, pantalon gris au pli marqué, cheveux plaqués : voici Roy, pimpant octogénaire britannique. Ce jour où l’on fait sa connaissance, Roy a tout particulièrement soigné sa mise. C’est qu’il a rendez-vous avec Betty — une rencontre dont ils sont convenus à distance, après avoir scruté leurs annonces respectives sur un site Internet. Dans cette scène ordinaire de la vie moderne inaugurale du Menteur, à laquelle l’âge de ses protagonistes confère un surcroît de fantaisie, vient s’immiscer pourtant d’emblée un subreptice malaise. Une inflexion bizarre dans les pensées de Roy, bientôt aussi dans celles de Betty, et l’on pressent que l’un et l’autre ont quelque chose à cacher — un secret bien plus grave que les petits mensonges dont, par coquetterie, ils ont orné chacun leur petite annonce sur le site de rencontres. Le patient dévoilement de ce lourd secret conduit l’intrigue de ce premier roman de Nicholas Searle. Ecrit au présent, Le Menteur évolue entre l’époque con­temporaine et le passé (1963, 1946, 1938), entre la Grande-Bretagne et l’Alle­magne, pour peu à peu mettre au jour la personnalité vénéneuse de Roy. Admirateur revendiqué notamment de John Le Carré et de Graham Greene, Searle ne se contente pas de faire montre ici d’une belle maîtrise narrative, il dote sa fiction d’une vraie tension morale, d’une profondeur méditative qui l’extrait du commun du roman à suspense. — Nathalie Crom

 

The Good Liar, traduit de l’anglais par Simone Arous, éd. Fayard, 378 p., 23 €.

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